Accompagner chez PETRA

Depuis 2014 chez PETRA, j’ai d’abord tenu au cours de plusieurs sessions un rôle d’accompagnateur, avant de rejoindre l’équipe d’animateurs. Et, puisque l’occasion m’en est donnée, je voudrais témoigner ici de mon retour d’expérience en tant qu’accompagnateur.
Je dirais d’entrée que le « plus » de l’accompagnement chez PETRArésulte de sa conjugaison avec les deux autres piliers de la démarche, que sont les séances de groupe d’une part et le travail personnel d’autre part. C’est bien la coexistence indissociable de ces trois piliers qui fait la force et l’originalité de la méthode PETRA. Je veux ajouter qu’il existe un quatrième pilier, moins visible et pourtant omniprésent, véritable clé de voûte de l’ensemble, cette bienveillance ferme, attentive et exigeante qui sous-tend l’état d’esprit PETRA.
Le rôle de l’accompagnateur, selon moi, consiste à se mettre au service de l’accompagné : quel est son besoin, qu’est-ce qui est important pour lui, quels sont les freins qui l’empêchent d’aller vers l’objectif, comment l’aider à les lever ? Ces questions constituent, à mon sens, la toile de fond des échanges entre accompagné et accompagnateur.
Bien sûr d’autres thèmes seront évoqués, en lien par exemple avec les autres piliers de la démarche :
Comment se passent les séances de groupe, l’accompagné veut-il ré-aborder tel ou tel sujet sur lequel il n’a pas pu ou pas voulu s’exprimer, comment vit-il sa participation au groupe, son rapport aux autres, ce qu’ils lui apportent, ce qu’il leur apporte ?
Ou encore comment conçoit-il et organise-t-il son travail personnel, comment vit-il sa solitude face à ce volet de la démarche, a-t-il des difficultés à répondre à certaines des questions, techniques ou personnelles, abordées par les fiches, et pourquoi ? C’est en parlant de tout cela avec lui qu’on peut l’aider à trouver lui-même des chemins pour sortir du labyrinthe dans lequel il se sent parfois empêtré.
Et c’est là me semble-t-il la vocation principale de l’accompagnement : aider l’accompagné à trouver lui-même des solutions aux problèmes auxquels il se heurte depuis des mois voire des années. Ne pas le conseiller, ne pas lui souffler de réponse, l’aider simplement à ce qu’il parvienne à trouver lui-même ses réponses à ses questions. C’est un bon moyen que ces réponses, qu’il aura lui-même élaborées, soient, pour lui, les plus adaptées et les plus robustes. Et c’est à partir de là qu’il retrouvera toute sa capacité à agir.
Je commence souvent une séance par la question : de quoi voulez-vous parler aujourd’hui ? Cette question me parait importante car elle me permet de me reconnecter avec l’accompagné et avec sa réalité, celle qu’il a vécue pendant la semaine écoulée. Pour l’accompagné, c’est la possibilité d’évoquer, avant tout autre sujet, ce qui lui tient le plus à cœur à ce moment-là.
Au fond, un accompagnement est une relation de parité, où il n’y a pas un sachant et un apprenant, mais où les deux protagonistes sont au même niveau. L’accompagnateur aide seulement l’accompagné à retrouver confiance en soi, à ranimer ses talents et à reprendre le chemin vers l’objectif qu’il s’est fixé.

Frédéric Schulz